Haro sur les revues prédatrices !

Tous les chercheurs connaissent l’injonction « Publish or perish ». Celui-ci a donné lieu à deux conséquences, une bonne et une mauvaise. Depuis longtemps, la première a consisté à doter les revues sérieuses de contrôle de qualité très strict sur la valeur scientifique des articles. Mais l’arrivée d’Internet à donner naissance aux revues non plus papier mais électroniques (Open source) en bouleversant le modèle économique : ce n’est plus le lecteur qui paye mais l’auteur. Brêche, dans laquelle se sont engouffrés des « escrocs scientifiques » en basant sur le principe qu’il ne faut pas refuser un article pour lequel un auteur a payé.

Dès lors, la deuxième conséquence est l’émergence de revues scientifiques prédatrices, dont la finalité n’est plus de faire progresser la recherche, mais de générer du profit. D’après l’Office français de l’intégrité scientifique[1] citant Nature, leur définition est la suivante : « les revues et les éditeurs prédateurs sont des entités qui privilégient l’intérêt personnel au détriment du savoir et se caractérisent par des informations fausses ou trompeuses, un écart par rapport aux bonnes pratiques éditoriales et de publication, un manque de transparence et/ou le recours à des pratiques de sollicitation agressives et sans discernement. » Attention : toute revue Open source n’est pas nécessairement prédatrice !

Plusieurs critères permettent de repérer ce type de revue, référencés par exemple sur le site Stop Predatory Journals, le site science ouverte de l’université de Rennes 1 ou sur le guide de l’UNESCO.

Parmi ces critères, on peut citer :

– les sollicitations directes par mail pour publier

– la soumission des articles par mail

– les délais très courts de publication

– un taux très élevé d’acceptation des manuscrits

– le manque de transparence dans le processus éditorial (notamment sur le reviewing)

– le manque de politique de rétractation.

etc.

Se reporter à https://www.predatoryjournals.org/the-list/journals pour une liste de plus de 7500 titres.

Nous engageons ardemment les lecteurs, surtout les jeunes doctorants à ne pas tomber dans de tels pièges, donc à bien se renseigner avant de chercher où publier.


[1] Voir https://www.ofis-france.fr/espaces-thematiques/revues-predatrices/

Robert Laurini

Rédacteur-en-chef Professeur émérite en informatique
Picto

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