Halte aux références fabriquées dans les publications !
La fiabilité des références constitue le socle de la littérature scientifique : chaque citation doit renvoyer à une source authentique et vérifiable. Lorsque certaines références pointent vers des travaux inexistants, il devient impossible pour les lecteurs, les évaluateurs ou les décideurs d’évaluer correctement la robustesse des données sur lesquelles reposent les conclusions.
Les références fabriquées (références dont les titres revendiqués ne correspondent à aucune publication existante) peuvent résulter d’une utilisation sans discernement d’outils de rédaction basés sur l’intelligence artificielle générative.
Récemment, dans la revue Lancet, est paru un article[1] portant sur l’intégrité des références basé sur 2,5 millions d’articles biomédicaux publiés sur une période de trois ans, qui montrent que des références inventées de toutes pièces sont largement présentes dans la littérature scientifique même évaluée par des pairs. Sur 97,1 millions de références vérifiées, ont été identifiées 4 046 références inventées réparties dans 2 810 articles. Le taux de fabrication a été multiplié par plus de 12, passant d’environ quatre pour 10 000 articles en 2023 à 51,3 pour 10 000 articles au quatrième trimestre 2025, pour atteindre 56,9 pour 10 000 articles début 2026.
A notre connaissance, il n’existe pas d’études similaires dans d’autres domaines scientifiques ; mais on peut supposer que de tels comportements existent.
Deux conséquences :
1 – toujours vérifier la véracité des références ; en cas de doute, une des solutions est de contacter les auteurs.
2 – de tels comportements peuvent lancer un discrédit sur la valeur scientifique de certains travaux.
[1] Topaz M, Roguin N, Gupta P et al. (2026) “Fabricated citations: an audit across 2·5 million biomedical papers”. The Lancet, 407, 1779-1781.