Le ministre de la Santé de Côte d’Ivoire soutien la nouvelle licence professionnelle en nutrition-diététique
Pierre DIMBA, ministre de la Santé de Côte d’Ivoire
La Côte d’Ivoire a accompli d’importants progrès sur le plan de la croissance économique, du développement des infrastructures et de la stabilité politique. Néanmoins, plus de 1,2 million de personnes connaissent un niveau d’insécurité alimentaire dit « de crise ». À celles-ci s’ajoutent 3,4 millions de personnes en situation dite « de stress » sur le plan de la sécurité alimentaire, tandis que la malnutrition demeure un problème de santé publique, en particulier chez les femmes et les enfants. Les aléas naturels, la dégradation de l’environnement et les fragilités structurelles contribuent à cette insécurité alimentaire. Parallèlement, la pression croissante qui s’exerce sur les ressources naturelles et les services locaux ne rend que plus nécessaire la mise en place de solutions intégrées et durables impulsées au niveau national.
La légitimité du plan stratégique multisectoriel de nutrition vient des conséquences souvent irréversibles du double fardeau de la malnutrition, de la complexité de ses causes et de la nécessité d’y faire face selon une démarche multisectorielle et multi acteurs en particulier concernant les ressources humaines.
Or la situation générale de la situation dans ce domaine met en évidence les limites de ce secteur :
• L’offre est limitée et inégalement répartie : les professionnels spécialisés en nutrition‑diététique (diététiciens, nutritionnistes cliniciens, nutritionnistes communautaires) sont peu nombreux et majoritairement concentrés dans les grandes villes, notamment Abidjan. Les zones rurales et périphériques sont largement sous‑dotées,
• Multiplication des acteurs non spécialisés : une part importante des activités nutritionnelles (enfants, grossesse, malnutrition aiguë/modérée, éducation alimentaire) est assurée par des médecins généralistes, des infirmiers, des agents de santé communautaires et des ONG, souvent avec une formation nutritionnelle courte ou inexistante,
• Formation et filières : les formations existantes restent insuffisantes et ne prennent pas en compte la dimension thérapeutique indispensable. La capacité de formation reste insuffisante par rapport aux besoins nationaux, et la qualité/standardisation des cursus est souvent inadaptée.
De nombreuses réunions ont été organisées au Ministère de la Santé conjointement par USF et le Recteur de l’IUA pour expliquer le lien entre la situation nationale qui prévaut en Côte d’Ivoire en insécurité alimentaire et cette formation professionnelle. A la suite de ces échanges,, le Ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture Maladie Universelle indique, dans un courrier de 9 novembre 2025 adressé au Ministre de l’Enseignement Supérieur: “au vu de ces priorités, je porte à votre connaissance mon approbation à la mise en place d’une licence professionnelle “Métiers de la santé, nutrition humaine et diététique” dans les université Nangui Abrogoua, Félix Houphouët-Boigny et l’Institut Universitaire d’Abidjan en collaboration avec les universités de Tours (France), la Haute École de la Province de Liège (HEPL) en Belgique et l’ONG Universitaires sans Frontières (France).”
Un cadre de collaboration entre ces institutions professionnelles et universitaires nationales et internationales se met en place pour assurer le pilotage de cette nouvelle formation professionnelle. De plus, et à l’initiative d’USF, un projet Erasmus+ de la Commission européenne est en cours de préparation pour faciliter la mise en place de cette nouvelle filière.